Comment créer une routine d'étude efficace pour son adolescent ?
Les devoirs et les périodes d'étude ne se déroulent pas toujours comme les parents l'espèrent. Un adolescent peut s'installer devant ses cahiers avec de bonnes intentions, mais se retrouver quelques minutes plus tard sur son téléphone, changer constamment de matière ou abandonner dès qu'un exercice devient plus difficile.
Dans plusieurs cas, le problème n'est pas simplement un manque de motivation. Le jeune peut aussi manquer de structure, avoir de la difficulté à organiser son temps ou ne pas savoir quoi faire lorsqu'il ne comprend plus une notion.
Une bonne routine d'étude ne règle pas toutes les difficultés scolaires, mais elle peut aider un adolescent à mieux utiliser son temps et à développer progressivement son autonomie.
Voici quelques principes simples que les parents peuvent mettre en place à la maison.
1. Prévoir un moment régulier pour les études
La première étape consiste à éviter que les devoirs soient constamment repoussés à plus tard.
Il n'est pas nécessaire que l'horaire soit identique chaque jour, mais avoir des périodes de travail relativement prévisibles peut aider le jeune à savoir quand il doit se concentrer sur ses tâches scolaires.
Par exemple, un adolescent pourrait avoir une période d'étude après une courte pause au retour de l'école, puis une deuxième période après le souper.
L'objectif n'est pas de remplir chaque minute de la soirée avec des devoirs. Il s'agit plutôt de créer une routine dans laquelle le temps consacré aux études a une place claire.
Le ministère de l'Éducation du Québec recommande notamment d'aider les jeunes à développer de bonnes habitudes de travail dans un cadre et une routine qui leur conviennent.
2. Travailler par blocs plutôt que de rester assis pendant des heures
Dire à un adolescent de « travailler pendant deux heures » peut être assez vague. Il peut être plus facile de diviser cette période en blocs de travail et de pauses.
Une possibilité est de commencer avec un bloc de 45 minutes, suivi d'une pause de 15 minutes.
Pendant les 45 minutes, le jeune se concentre sur une tâche précise. Pendant la pause, il peut se lever, boire de l'eau, prendre une collation ou simplement décrocher quelques minutes.
Ce format n'est pas une règle qui convient à tous les adolescents. Certains seront capables de rester concentrés 45 minutes, alors que d'autres auront intérêt à commencer avec des blocs de 20 à 30 minutes et à augmenter progressivement la durée.
L'objectif est surtout de trouver une durée pendant laquelle le jeune peut réellement travailler avec attention.
3. Éliminer les distractions pendant le bloc de travail
Un environnement de travail peut avoir une grande influence sur la capacité à rester concentré.
Pendant un bloc d'étude, le téléphone peut être placé dans une autre pièce ou dans un sac, plutôt que simplement posé à côté du cahier. Les notifications peuvent également être désactivées et l'ordinateur devrait être utilisé uniquement lorsque la tâche l'exige.
Le principe est simple : pendant quelques dizaines de minutes, le jeune devrait avoir le moins possible de raisons de détourner son attention.
Le gouvernement du Québec recommande notamment aux familles de mettre en place des conditions favorables aux apprentissages et mentionne l'importance d'un lieu exempt de distractions.
Cela ne signifie pas qu'un adolescent doit passer toute sa soirée sans téléphone. L'idée est plutôt de créer une distinction claire entre le temps de concentration et le temps de détente.
4. Commencer chaque bloc avec un objectif précis
« Je vais faire mes maths » n'est pas vraiment un plan de travail.
Il est beaucoup plus facile de commencer une tâche lorsqu'on sait exactement ce qu'on cherche à accomplir.
Par exemple :
- terminer les exercices 7 à 12 ;
- revoir la théorie sur les fonctions ;
- faire cinq exercices sans regarder les réponses ;
- étudier une section précise du chapitre ;
- préparer les questions à poser au prochain cours.
Un objectif précis permet également au jeune de savoir ce qu'il doit faire pendant son bloc de travail.
Cela évite de passer 45 minutes devant un cahier sans réellement savoir ce qui a été accompli.
5. Apprendre quoi faire lorsqu'on ne comprend pas
C'est probablement l'un des éléments les plus importants d'une bonne routine d'étude.
Lorsqu'un adolescent rencontre une question qu'il ne comprend pas, il peut avoir tendance à abandonner immédiatement. À l'inverse, il peut aussi rester bloqué très longtemps sur le même exercice sans savoir comment avancer.
L'objectif est de lui apprendre à adopter une démarche intermédiaire.
Lorsqu'une question pose problème, il peut :
- relire attentivement la consigne ;
- identifier ce qu'il comprend déjà ;
- revoir un exemple similaire dans ses notes ;
- essayer une nouvelle démarche ;
- noter la question s'il demeure bloqué afin de pouvoir demander de l'aide.
Cette dernière étape est importante. Demander de l'aide ne devrait pas être considéré comme un échec.
Au contraire, apprendre à identifier ce qu'on ne comprend pas et à formuler une question précise fait partie du développement de l'autonomie scolaire.
Les ressources du ministère de l'Éducation recommandent également de laisser au jeune suffisamment d'espace pour développer son autonomie plutôt que de lui donner immédiatement la réponse lorsqu'une difficulté survient.
6. Prévoir les pauses plutôt que d'attendre d'être épuisé
Une pause ne signifie pas nécessairement que le jeune « perd son temps ».
Après une période de concentration, prendre quelques minutes pour bouger, manger ou simplement décrocher peut permettre de reprendre le travail avec davantage d'attention.
Une pause de 10 à 15 minutes peut donc être intégrée directement à la routine.
Il est toutefois préférable de faire attention aux activités qui rendent le retour au travail particulièrement difficile. Par exemple, commencer une partie de jeu vidéo ou se perdre dans les réseaux sociaux pendant une pause peut rendre la reprise beaucoup plus compliquée.
Une pause devrait idéalement permettre de récupérer sans transformer la période d'étude en une succession d'interruptions.
7. Organiser la semaine, pas seulement la soirée
Une bonne routine ne consiste pas uniquement à décider quoi faire aujourd'hui.
Au début de la semaine, le jeune peut prendre quelques minutes pour regarder les devoirs, les examens et les travaux à venir.
Il peut ensuite déterminer quelles matières nécessitent davantage de temps et répartir son travail sur plusieurs jours.
Cette habitude permet notamment d'éviter de découvrir la veille d'un examen qu'une grande quantité de matière reste encore à réviser.
Un calendrier simple, une liste de tâches ou un agenda scolaire peut suffire. Le système n'a pas besoin d'être compliqué pour être utile.
8. Ne pas oublier le sommeil
La routine d'étude ne commence pas seulement lorsque l'adolescent s'assoit à son bureau.
Le sommeil joue également un rôle important dans les apprentissages. Le gouvernement du Québec indique qu'un sommeil suffisant et de qualité contribue notamment à la mémoire et aux apprentissages. Pour les adolescents de 14 à 17 ans, les recommandations canadiennes sont de 8 à 10 heures de sommeil par nuit.
Il peut donc être contre-productif de repousser constamment les études jusqu'à très tard le soir simplement pour accumuler davantage d'heures devant les cahiers.
Une routine durable doit tenir compte de l'ensemble de l'horaire du jeune : école, devoirs, activités, repas, temps libre et sommeil.
Un exemple de routine simple
Chaque adolescent est différent, mais voici un exemple qui peut servir de point de départ :
- 16 h 30 — Retour à la maison et collation
- 17 h 00 — Bloc d'étude de 45 minutes
- 17 h 45 — Pause de 15 minutes
- 18 h 00 — Deuxième bloc de 45 minutes
- 18 h 45 — Fin de la période d'étude et souper
- 19 h 45 — Révision ou tâches restantes, au besoin
- 20 h 30 — Fin du travail scolaire
Pour un jeune qui a beaucoup de difficulté à se concentrer, il peut être préférable de commencer avec des blocs plus courts. L'objectif n'est pas de reproduire un horaire parfait, mais de construire progressivement une façon de travailler qui lui convient.
Une routine ne remplace pas la compréhension
Une bonne organisation peut faire une grande différence, mais elle ne règle pas nécessairement toutes les difficultés scolaires.
Si un adolescent travaille régulièrement, mais qu'il ne comprend pas certains concepts, accumule des lacunes ou abandonne systématiquement lorsqu'un exercice devient difficile, il peut être utile d'identifier précisément ce qui bloque.
Dans ce contexte, l'objectif n'est pas simplement d'ajouter davantage d'heures d'étude. Il faut d'abord comprendre où se situe la difficulté, puis adapter la façon de travailler.
Une routine efficace devrait donc permettre à l'adolescent de travailler de façon plus structurée, de reconnaître lorsqu'il a besoin d'aide et de développer progressivement son autonomie.
Pour un parent, la question n'est finalement pas seulement : « Combien de temps mon enfant étudie-t-il ? »
Il peut être beaucoup plus utile de se demander :
« Comment utilise-t-il le temps qu'il consacre à ses études ? »
C'est souvent à partir de cette question qu'une routine plus efficace peut commencer à se construire.
