Mon enfant étudie beaucoup, mais ses notes ne montent pas : pourquoi ?
Votre adolescent passe du temps à étudier. Il fait ses devoirs, révise avant ses examens et, malgré tout, ses résultats ne semblent pas suivre.
Pour un parent, c'est souvent difficile à comprendre.
« Il travaille pourtant. Pourquoi ses notes ne montent-elles pas ? »
On pense facilement que la solution consiste à étudier davantage. Mais ce n'est pas toujours aussi simple.
Un élève peut consacrer beaucoup de temps à ses études tout en ayant une méthode qui ne lui permet pas de vérifier ce qu'il maîtrise réellement. Il peut aussi avoir accumulé certaines lacunes, avoir de la difficulté à appliquer les notions seul ou vivre une autre difficulté qui se reflète éventuellement dans ses résultats.
Autrement dit, le nombre d'heures passées devant les cahiers ne raconte pas toute l'histoire.
Étudier longtemps ne veut pas nécessairement dire apprendre efficacement
Quand un élève dit qu'il a étudié pendant trois heures, on pourrait naturellement penser qu'il a fourni beaucoup d'efforts.
C'est peut-être le cas.
Mais il reste une question importante : qu'a-t-il réellement fait pendant ces trois heures ?
Lire et relire ses notes, surligner des passages ou regarder plusieurs fois des exemples peut donner l'impression de bien connaître la matière. L'élève reconnaît les informations lorsqu'il les voit et peut donc avoir l'impression que tout est clair.
Le problème apparaît lorsqu'il doit ensuite utiliser ces connaissances sans avoir ses notes devant lui.
Alloprof recommande notamment de privilégier des méthodes d'apprentissage plus actives : se questionner, expliquer une notion dans ses propres mots, créer des questions, utiliser des cartes-éclair ou résoudre des problèmes plutôt que de simplement relire la matière.
La relecture n'est donc pas inutile. Elle peut faire partie de l'étude. Mais elle ne permet pas toujours de savoir si l'élève est réellement capable de retrouver l'information et de l'utiliser seul.
« Je comprends quand on me l'explique »
C'est une situation assez fréquente.
L'élève fait un exercice. Il bloque. Quelqu'un lui explique la démarche.
Il répond :
« Ah oui, je comprends ! »
Et il passe à la question suivante.
Le problème, c'est que comprendre une explication n'est pas nécessairement la même chose que savoir refaire le raisonnement seul.
Cette distinction est particulièrement importante en mathématiques et en sciences. Un élève peut suivre facilement une démarche lorsqu'elle lui est expliquée, mais ne pas savoir par où commencer lorsqu'il rencontre une nouvelle question.
C'est notamment pour cette raison que la pratique autonome est importante : elle permet de voir ce que l'élève est réellement capable de faire sans être guidé.
Et c'est souvent à ce moment-là que les véritables difficultés apparaissent.
Parfois, le problème n'est pas la méthode d'étude
Il serait toutefois trop simple de conclure qu'un élève qui travaille beaucoup mais qui réussit moins bien utilise nécessairement une mauvaise méthode.
Ce n'est pas toujours le cas.
Il peut aussi avoir une lacune qui s'est installée progressivement.
C'est particulièrement vrai dans les matières où les notions s'appuient les unes sur les autres.
Prenons les mathématiques.
Un élève peut avoir une compréhension partielle d'une notion et réussir malgré tout son évaluation. Puis une nouvelle notion arrive et demande de réutiliser cette base.
La difficulté devient alors plus visible.
Quelques semaines plus tard, l'élève peut avoir l'impression que toute la matière est devenue compliquée, alors qu'une partie du problème vient peut-être d'une notion précédente qui n'a jamais été complètement maîtrisée.
Dans ce genre de situation, ajouter simplement des heures d'étude ne règle pas nécessairement le problème.
Il faut d'abord comprendre où se situe la difficulté.
Une mauvaise note ne dit pas tout
Une note est importante. Mais elle ne permet pas toujours de comprendre pourquoi un élève a obtenu ce résultat.
Une difficulté peut être liée à la compréhension de la matière, mais aussi à la façon dont l'élève travaille, à son organisation, à sa capacité à appliquer les notions ou encore à d'autres facteurs qui peuvent influencer ses apprentissages.
Alloprof souligne d'ailleurs qu'une difficulté scolaire peut avoir différentes sources et qu'une discussion avec l'élève et, au besoin, avec l'enseignant peut aider à mieux comprendre la situation.
C'est pourquoi il peut être intéressant de regarder les erreurs, et pas uniquement la note finale.
Par exemple :
- Est-ce que l'élève ne connaissait pas la matière ?
- Est-ce qu'il connaissait la notion, mais ne savait pas l'appliquer ?
- Est-ce qu'il faisait toujours le même type d'erreur ?
- Est-ce qu'il comprenait la question ?
- Est-ce qu'il savait comment commencer ?
- Est-ce qu'il réussissait avec de l'aide, mais pas lorsqu'il travaillait seul ?
Ces questions peuvent donner beaucoup plus d'information qu'un simple :
« Il a eu combien ? »
Et si la difficulté avait commencé avant la baisse des notes ?
C'est une autre chose à laquelle on pense moins.
Lorsqu'un parent voit une baisse de résultats, il regarde naturellement le moment où les notes ont commencé à descendre.
Mais certains signes peuvent apparaître avant.
Un élève peut commencer à passer beaucoup plus de temps sur ses devoirs. Il peut éviter une matière, poser moins de questions ou avoir de plus en plus besoin d'aide pour commencer un exercice.
Ses notes peuvent pourtant rester relativement stables pendant un certain temps.
C'est pourquoi une difficulté scolaire ne se résume pas nécessairement à un chiffre sur un bulletin.
Le contexte de l'élève peut également avoir son importance. Les difficultés d'apprentissage, la concentration, certaines situations vécues à l'école ou d'autres facteurs peuvent influencer les apprentissages. Le réseau scolaire québécois prévoit d'ailleurs différents services et mesures de soutien pour les élèves qui rencontrent des difficultés d'adaptation ou d'apprentissage.
Que peut faire un parent dans cette situation ?
Il n'existe pas une seule façon d'accompagner un adolescent qui a de la difficulté à l'école.
Dans certains cas, l'élève a surtout besoin de revoir une notion précise. Dans d'autres, il peut avoir besoin de revoir sa façon d'étudier ou de mieux comprendre ce qui lui pose problème.
Et parfois, la première chose à faire est simplement de comprendre ce qui se passe.
Une discussion peut être plus révélatrice qu'on le pense.
Au lieu de demander uniquement :
« Pourquoi tu n'as pas étudié ? »
on peut chercher à comprendre :
« Qu'est-ce qui est le plus difficile pour toi en ce moment ? »
ou :
« À quel moment tu commences à bloquer ? »
Le rôle du parent n'est pas nécessairement de devenir l'enseignant de son enfant. Il peut plutôt l'aider à mettre des mots sur ses difficultés et, lorsque c'est nécessaire, à trouver les ressources qui peuvent lui convenir.
Le gouvernement du Québec souligne d'ailleurs l'importance de la collaboration entre les familles et le milieu scolaire dans le suivi des apprentissages et la réussite éducative.
Alors, faut-il étudier plus ou étudier autrement ?
Il n'y a pas de réponse universelle.
Pour certains élèves, le problème peut effectivement être lié au temps consacré aux études ou à leur organisation.
Pour d'autres, c'est plutôt leur méthode d'étude qui ne leur permet pas de vérifier ce qu'ils comprennent réellement.
Et pour certains, la difficulté est ailleurs : une notion mal comprise, une accumulation de lacunes ou un changement dans leur situation scolaire.
C'est pourquoi la question n'est pas toujours :
« Combien d'heures mon enfant étudie-t-il ? »
Elle peut aussi être :
« Qu'est-ce que mon enfant est réellement capable de faire seul après avoir étudié ? »
Cette différence peut changer complètement la façon dont on comprend ses résultats.
En conclusion
Un élève qui travaille beaucoup mais dont les résultats ne progressent pas n'est pas nécessairement un élève qui ne fait pas assez d'efforts.
Avant de lui demander de travailler encore davantage, il peut être pertinent de prendre un peu de recul et de regarder ce qui se passe réellement : ce qu'il comprend, ce qu'il réussit à faire seul, les erreurs qui reviennent et l'évolution de ses résultats.
Parce qu'au final, le temps passé devant les cahiers n'est qu'une partie de l'équation.
Ce qui compte, c'est ce que l'élève est réellement en train d'apprendre — et ce qui l'empêche, s'il y a lieu, de progresser.
