Comment savoir si mon enfant a besoin de tutorat ?
Votre enfant travaille à la maison, mais ses résultats ne s'améliorent pas ? Il passe beaucoup de temps sur ses devoirs ? Il semble comprendre en classe, mais ses résultats aux examens sont décevants ? Ou peut-être que ses notes sont bonnes, mais vous sentez qu'il pourrait être mieux préparé pour la suite ?
Dans toutes ces situations, une question revient souvent chez les parents :
Est-ce que mon enfant a réellement besoin de tutorat ?
La réponse n'est pas toujours évidente.
Un élève n'a pas nécessairement besoin de tutorat simplement parce qu'il a obtenu une mauvaise note. À l'inverse, un élève qui obtient des résultats corrects peut parfois bénéficier d'un accompagnement ciblé pour corriger une lacune, améliorer sa méthode de travail ou se préparer à une étape scolaire plus exigeante.
L'objectif n'est donc pas de se demander uniquement : « Est-ce que ses notes sont assez bonnes ? »
Il faut plutôt regarder ce qui explique ses résultats et ce dont il a besoin pour progresser.
1. Ses notes diminuent progressivement
Une baisse ponctuelle n'est pas nécessairement inquiétante.
Un examen particulièrement difficile, une période chargée ou une mauvaise journée peuvent expliquer un résultat inférieur à l'habitude.
En revanche, lorsque la baisse se répète dans le temps, il vaut la peine de chercher ce qui se passe.
Par exemple :
- les résultats diminuent d'une étape à l'autre ;
- une matière auparavant maîtrisée devient difficile ;
- les examens sont beaucoup moins réussis que les travaux ;
- l'élève accumule de petites erreurs qui finissent par créer des lacunes ;
- il doit consacrer de plus en plus de temps à une matière pour obtenir les mêmes résultats.
Dans ce contexte, le tutorat peut être utile parce qu'il permet de prendre le temps d'identifier où se trouve réellement le problème, plutôt que de simplement refaire les devoirs avec l'élève.
Le gouvernement du Québec présente justement le tutorat comme une forme de soutien permettant d'adapter l'accompagnement aux besoins pédagogiques de l'élève et d'intervenir avant que certaines difficultés ne deviennent des écarts d'apprentissage plus importants.
2. Votre enfant travaille beaucoup, mais les résultats ne suivent pas
C'est probablement l'une des situations les plus frustrantes pour un parent.
Votre enfant vous dit :
« J'ai étudié. »
Et vous voyez effectivement qu'il a passé plusieurs heures devant ses livres.
Pourtant, le résultat n'est pas au rendez-vous.
Dans ce cas, le problème n'est pas nécessairement un manque d'effort.
Il peut plutôt être lié à la façon dont l'élève étudie.
Par exemple, certains élèves passent beaucoup de temps à relire leurs notes sans réellement vérifier s'ils sont capables de récupérer l'information par eux-mêmes. D'autres commencent à étudier très tard, mémorisent temporairement la matière ou consacrent trop de temps aux notions qu'ils maîtrisent déjà.
Le rôle d'un bon accompagnement n'est donc pas simplement de dire à l'élève de travailler davantage.
Il consiste aussi à se demander :
Est-ce qu'il travaille de la bonne façon ?
Le gouvernement du Québec recommande d'ailleurs aux familles de mettre en place des routines favorables aux apprentissages et de soutenir progressivement l'autonomie du jeune dans son travail scolaire.
3. Votre enfant comprend la matière avec vous, mais bloque seul
Vous avez peut-être déjà vécu cette situation.
Vous vous asseyez avec votre enfant et vous lui dites :
« Explique-moi ce que tu ne comprends pas. »
Il vous répond :
« Je ne sais pas. »
Vous regardez la question ensemble, vous lui donnez quelques pistes et soudainement :
« Ah oui ! Je comprends. »
Mais lorsqu'il se retrouve seul devant une nouvelle question, il bloque à nouveau.
Cela peut indiquer que le problème n'est pas uniquement la compréhension d'une notion.
Il peut aussi s'agir de la capacité à reconnaître la bonne méthode et à l'appliquer de façon autonome.
C'est particulièrement important dans les matières comme les mathématiques, les sciences et la chimie, où l'élève doit souvent transférer une notion apprise à un problème qu'il n'a jamais vu exactement sous cette forme.
Un accompagnement individualisé peut alors servir à travailler non seulement le « quoi », mais aussi le « comment ».
4. Les mêmes erreurs reviennent constamment
Un autre signe à surveiller : votre enfant fait régulièrement le même type d'erreur.
Une erreur isolée n'est pas préoccupante.
Mais si les mêmes erreurs reviennent sur plusieurs devoirs ou évaluations, il peut y avoir une lacune sous-jacente.
Par exemple :
- une règle mathématique mal comprise ;
- une étape systématiquement oubliée ;
- une mauvaise interprétation des problèmes ;
- une difficulté à comprendre les consignes ;
- une notion de base qui n'a jamais été complètement maîtrisée.
Dans ce cas, simplement corriger les exercices un à un risque de ne pas régler le problème.
Il faut revenir à la source.
C'est l'un des avantages d'un accompagnement individualisé : le tuteur peut observer les erreurs qui se répètent et ajuster le travail en fonction de celles-ci.
Les données synthétisées par l'Education Endowment Foundation indiquent que le tutorat individuel peut être particulièrement utile lorsqu'il est ciblé sur les besoins d'élèves qui éprouvent des difficultés dans certains domaines et qu'il est directement lié à l'enseignement régulier.
5. Votre enfant dépend constamment de vous pour faire ses devoirs
Il y a une différence entre accompagner son enfant et devoir constamment faire partie de son travail scolaire.
Un parent peut aider son enfant à :
- organiser sa semaine ;
- comprendre une consigne ;
- établir des priorités ;
- vérifier qu'un travail est terminé ;
- encourager ses efforts.
Mais si votre enfant a constamment besoin que vous soyez à côté de lui pour avancer, cela peut être un signe qu'il doit développer davantage son autonomie.
Alloprof recommande justement de faire évoluer progressivement l'accompagnement parental afin que le jeune développe sa capacité à s'organiser et à accomplir certaines tâches de façon autonome.
Dans certains cas, le tutorat peut donc avoir un objectif différent de « faire monter la note ».
Il peut aussi aider l'élève à devenir plus autonome dans sa façon de travailler.
6. Il évite constamment une matière
« Je déteste les maths. »
« Je suis nul en sciences. »
« Je comprends rien en chimie. »
Ce genre de phrase ne signifie pas automatiquement que votre enfant a besoin d'un tuteur.
Mais si l'évitement devient récurrent — par exemple s'il repousse constamment les travaux, refuse de pratiquer ou abandonne rapidement lorsqu'il rencontre une difficulté — il peut être pertinent de chercher ce qui se cache derrière ce comportement.
Parfois, le problème est une lacune académique.
Parfois, c'est une méthode de travail inadéquate.
Parfois, le jeune manque simplement de confiance parce qu'il a accumulé plusieurs expériences négatives.
L'objectif devrait alors être de comprendre la difficulté avant de chercher à la corriger.
Le gouvernement du Québec souligne notamment l'importance du sentiment d'efficacité personnelle, de l'engagement et de la persévérance dans la réussite éducative.
Mais attention : une mauvaise note ne signifie pas automatiquement qu'il faut du tutorat
C'est un point important.
Si votre enfant obtient 62 % à un examen, cela ne signifie pas automatiquement qu'il lui faut 20 heures de tutorat.
Avant de prendre une décision, il faut essayer de comprendre pourquoi le résultat est faible.
Posez-vous quelques questions :
Est-ce une difficulté ponctuelle ? Si votre enfant obtient habituellement de bons résultats et vient d'échouer un examen, il n'est peut-être pas nécessaire de commencer immédiatement un suivi.
Est-ce une difficulté récurrente ? Si les mêmes problèmes apparaissent plusieurs fois, une intervention plus structurée peut être pertinente.
Est-ce une lacune précise ? Par exemple, l'élève comprend bien les fonctions, mais possède des lacunes importantes en algèbre. Dans ce cas, un accompagnement ciblé peut être particulièrement pertinent.
Est-ce un problème de méthode ? Si votre enfant connaît la matière mais ne sait pas comment se préparer efficacement aux évaluations, le besoin n'est pas nécessairement de refaire toute la matière. Il faut peut-être travailler la méthode.
Est-ce que l'objectif scolaire est particulièrement exigeant ? Les besoins peuvent aussi être différents lorsqu'un élève vise un programme ou un parcours qui demande de maintenir un niveau de performance élevé. Dans ce cas, le tutorat peut avoir un objectif préventif ou stratégique, et pas seulement servir à rattraper une difficulté déjà installée.
Tutorat ou aide aux devoirs : quelle est la différence ?
Les deux sont souvent confondus.
L'aide aux devoirs consiste généralement à aider l'élève à accomplir les tâches qu'il doit réaliser.
Le tutorat, lui, peut être beaucoup plus ciblé.
Le gouvernement du Québec précise d'ailleurs que le tutorat se distingue de l'aide aux devoirs puisqu'il vise un accompagnement individualisé, adapté à l'évolution des besoins pédagogiques et psychosociaux de l'élève.
Un tuteur peut donc travailler avec l'élève sur :
- une lacune précise ;
- une notion difficile ;
- une méthode de résolution ;
- une méthode d'étude ;
- la préparation à une évaluation ;
- l'organisation du travail ;
- l'autonomie.
L'objectif n'est pas simplement de terminer les devoirs.
L'objectif est de faire progresser l'élève.
Faut-il attendre que les notes deviennent mauvaises ?
Pas nécessairement.
C'est probablement l'une des idées les plus importantes à retenir.
Le tutorat n'a pas à être uniquement une solution de dernier recours.
Si vous constatez que votre enfant commence à accumuler des difficultés, attendre plusieurs mois peut permettre à ces lacunes de s'accumuler.
À l'inverse, une intervention ciblée peut parfois permettre de corriger rapidement un problème avant qu'il devienne beaucoup plus difficile à rattraper.
Le ministère de l'Éducation du Québec présente d'ailleurs le tutorat comme une mesure de soutien pouvant répondre à des besoins ponctuels et contribuer à éviter que certaines difficultés ne se transforment en écarts d'apprentissage.
Cela ne signifie toutefois pas que tous les élèves devraient avoir un tuteur.
L'objectif est plutôt d'intervenir lorsqu'il existe une raison claire de le faire.
Comment savoir concrètement si mon enfant en a besoin ?
Voici une petite grille de réflexion que vous pouvez utiliser.
Posez-vous ces 7 questions :
- Les résultats de mon enfant diminuent-ils ou stagnent-ils depuis quelque temps ?
- Travaille-t-il beaucoup sans obtenir les résultats attendus ?
- Les mêmes erreurs reviennent-elles régulièrement ?
- A-t-il de la difficulté à travailler seul ?
- Évite-t-il régulièrement certaines matières ?
- A-t-il des lacunes précises qu'il n'arrive pas à corriger ?
- Avons-nous un objectif scolaire qui nécessite un accompagnement plus structuré ?
Si vous répondez « oui » à plusieurs de ces questions, il peut être pertinent d'explorer différentes formes de soutien.
Cela peut commencer par une discussion avec l'enseignant, l'école ou une ressource d'aide scolaire. Selon la nature de la difficulté, un tuteur peut être approprié. Dans certaines situations, cependant, une évaluation ou l'intervention d'un professionnel spécialisé peut être plus indiquée. Le réseau scolaire québécois prévoit justement différents services complémentaires et démarches pour les élèves qui présentent des difficultés particulières.
Comment choisir un bon accompagnement ?
Si vous décidez que votre enfant pourrait bénéficier de tutorat, ne choisissez pas uniquement en fonction du nombre d'heures ou du prix.
Quelques éléments sont particulièrement importants.
1. Le tuteur comprend-il réellement la matière ?
Un élève en difficulté en chimie n'a pas nécessairement besoin du même type d'accompagnement qu'un élève qui cherche simplement de l'aide pour ses devoirs.
2. Le tutorat est-il adapté à votre enfant ?
Un bon accompagnement doit tenir compte du niveau actuel de l'élève, de ses forces, de ses difficultés et de ses objectifs.
3. Est-ce qu'on mesure la progression ?
Il devrait être possible de constater ce qui a été travaillé, quelles difficultés ont été identifiées et si l'élève progresse.
4. Le tutorat complète-t-il l'école ?
Le tutorat ne devrait pas remplacer l'enseignement régulier. Le ministère de l'Éducation précise d'ailleurs que le tutorat est une mesure complémentaire aux pratiques pédagogiques régulières.
5. Le tuteur cherche-t-il à rendre l'élève autonome ?
L'objectif à long terme ne devrait pas être que l'élève dépende éternellement de son tuteur. Le but est plutôt de lui donner les outils nécessaires pour qu'il puisse progressivement mieux comprendre, mieux travailler et mieux réussir par lui-même.
En résumé : votre enfant a-t-il besoin de tutorat ?
Il n'existe pas une note précise à partir de laquelle on peut dire :
« À partir de 65 %, votre enfant a besoin d'un tuteur. »
La réalité est beaucoup plus nuancée.
Un élève avec 60 % peut avoir besoin d'un soutien intensif pour combler des lacunes importantes.
Un élève avec 80 % peut avoir besoin d'un accompagnement ciblé parce qu'il travaille énormément sans progresser.
Et un élève avec 90 % peut parfois ne pas avoir besoin de tutorat du tout.
La vraie question n'est donc pas seulement : « Quelle est sa note ? »
La vraie question est :
« Est-ce que mon enfant progresse de la façon dont il devrait progresser, et est-ce qu'il possède les outils nécessaires pour réussir la suite de son parcours scolaire ? »
Si la réponse est non, il vaut la peine d'identifier précisément ce qui bloque avant de décider de la meilleure solution.
Et dans plusieurs cas, une première discussion avec l'enseignant, l'école ou un intervenant scolaire peut déjà permettre de mieux comprendre la situation.
Une dernière chose pour les parents
Demander de l'aide n'est pas un signe que votre enfant est incapable de réussir.
Au contraire.
Le gouvernement du Québec présente la demande d'aide comme une compétence importante : reconnaître ses limites, identifier une situation qui dépasse ses capacités actuelles et consulter les ressources appropriées fait partie du développement de l'autonomie.
Le rôle d'un bon accompagnement n'est donc pas de faire le travail à la place de l'élève.
C'est de l'aider à devenir capable de le faire lui-même.
