Admission au cégep au secondaire 4 : ce que les parents doivent savoir
Votre enfant est en secondaire 4 et pense déjà au cégep ? Découvrez pourquoi cette année peut être importante pour son admission, les préalables à surveiller et comment se préparer aux programmes contingentés.
Mon enfant est seulement en secondaire 4. Est-ce vraiment le moment de penser au cégep ?
C'est une question que plusieurs parents peuvent se poser à la rentrée.
Après tout, l'élève vient à peine de commencer son secondaire 4. Il lui reste encore une année avant le secondaire 5 et près de deux ans avant son entrée au cégep.
Alors, pourquoi commencer à réfléchir à son admission maintenant ?
La réponse n'est pas qu'un élève de secondaire 4 devrait déjà connaître le programme qu'il fréquentera, le cégep qu'il choisira ou même la carrière qu'il souhaite poursuivre.
L'objectif est plutôt de comprendre quelles portes il souhaite garder ouvertes.
Pour certains élèves, particulièrement ceux qui envisagent des programmes contingentés ou qui nécessitent des préalables précis, les décisions et les résultats obtenus au secondaire peuvent avoir une importance qu'on sous-estime.
Et attendre le secondaire 5 pour commencer à s'en préoccuper peut parfois être tardif.
Admission au cégep : trois choses différentes à ne pas confondre
Lorsqu'on parle d'« entrer au cégep », on mélange souvent trois réalités différentes :
- Être admissible au cégep
- Être admissible à un programme
- Être sélectionné dans un programme contingenté
Ces trois notions sont importantes pour comprendre pourquoi il est pertinent de commencer à se préparer avant le secondaire 5.
1. Être admissible au cégep
Pour être admis à un programme menant à un DEC, l'élève doit généralement satisfaire aux conditions générales d'admission, notamment obtenir son diplôme d'études secondaires (DES), en plus de satisfaire, lorsque nécessaire, aux conditions particulières du programme.
Cela constitue le point de départ.
Mais répondre aux conditions générales ne signifie pas automatiquement qu'un élève obtiendra une place dans n'importe quel programme.
2. Être admissible à un programme
Certains programmes demandent des préalables spécifiques.
Par exemple, certains programmes exigent des cours particuliers de mathématiques, de sciences, de chimie ou de physique au secondaire.
Ces exigences peuvent avoir des conséquences très concrètes sur les choix d'un élève.
Un élève qui envisage un programme scientifique doit donc savoir suffisamment tôt quels cours pourraient être nécessaires pour conserver cette possibilité.
Le SRACQ, par exemple, indique pour certains programmes des préalables précis en mathématiques, sciences, chimie ou physique de 4e ou de 5e secondaire.
C'est une des raisons pour lesquelles le secondaire 4 mérite déjà une certaine attention.
3. Être sélectionné dans un programme contingenté
C'est ici que la situation devient différente.
Dans un programme non contingenté, un candidat qui respecte les conditions d'admission et les préalables peut généralement être admis.
Dans un programme contingenté, le nombre de demandes peut dépasser le nombre de places disponibles. Le cégep doit alors sélectionner les candidats selon certains critères. Le SRACQ indique notamment que l'excellence du dossier scolaire peut être prise en compte dans ce processus.
Autrement dit :
Être admissible ne signifie pas nécessairement être sélectionné.
Cette distinction est particulièrement importante pour les élèves qui envisagent des programmes où la demande est élevée.
Pourquoi le secondaire 4 peut-il être important ?
Il faut ici éviter une idée reçue :
Les notes de secondaire 4 ne constituent pas simplement une « cote R » qui serait ensuite transférée au cégep.
La cote R est une mesure utilisée au collégial. Il serait donc incorrect de dire à un élève que sa moyenne de secondaire 4 devient automatiquement sa cote R.
En revanche, les résultats scolaires au secondaire peuvent être pris en considération dans certains processus d'admission au cégep, notamment lorsqu'un programme est contingenté.
Le SRACQ explique que, dans ses processus de sélection, les résultats scolaires peuvent avantager les candidats et que la performance dans certaines matières, notamment les matières préalables et le français, peut contribuer au classement.
C'est donc moins une question de :
« Est-ce que ma note de secondaire 4 sera utilisée telle quelle pour mon admission ? »
que de :
« Est-ce que je suis en train de construire un dossier qui me permettra de garder mes options ouvertes ? »
Cette deuxième question est beaucoup plus pertinente.
Le véritable enjeu : ne pas découvrir trop tard qu'une porte s'est refermée
Imaginez un élève en secondaire 4 qui pense vaguement aux sciences.
Il ne sait pas encore s'il souhaite aller en médecine, en pharmacie, en ingénierie, en informatique ou dans un autre domaine.
Il n'a donc pas besoin de choisir sa carrière.
Mais il peut déjà faire quelque chose de beaucoup plus simple :
regarder les programmes qui pourraient éventuellement l'intéresser et vérifier leurs exigences.
Pourquoi ?
Parce que certains choix scolaires se font avant la demande d'admission.
Les préalables ne sont pas quelque chose qu'on peut toujours ajouter à la dernière minute.
Par exemple, le SRACQ présente des programmes pour lesquels certaines séquences de mathématiques ou certains cours de sciences de 4e et de 5e secondaire sont exigés.
Le secondaire 4 devient donc une année où il est pertinent de se poser la question :
« Quelles options est-ce que je veux me garder pour la suite ? »
Faut-il déjà choisir son cégep en secondaire 4 ?
Non.
Et c'est une distinction importante.
Préparer son admission au cégep ne signifie pas demander à un adolescent de 15 ou 16 ans de choisir définitivement son avenir.
Au contraire, le secondaire 4 peut être une période d'exploration.
L'élève peut commencer par identifier :
- les matières qu'il aime réellement ;
- celles dans lesquelles il performe ;
- les domaines qui l'intéressent ;
- les programmes qu'il pourrait envisager ;
- les préalables associés à ces programmes ;
- les éléments de son dossier qu'il devrait améliorer.
Il n'a pas besoin d'avoir toutes les réponses.
Il doit surtout éviter de se retrouver en secondaire 5 sans aucune idée des conditions nécessaires pour réaliser ses projets.
Et pour un élève de secondaire 5 ?
La logique change légèrement.
En secondaire 5, on passe progressivement de l'exploration à la décision.
L'élève devrait commencer à avoir une idée plus précise :
Quel programme ? Sciences de la nature ? Sciences humaines ? Techniques ? Arts ? Un autre DEC ?
Quel cégep ? Le cégep choisi peut dépendre de plusieurs facteurs : programme offert, environnement, distance, particularités du programme, critères d'admission et préférences personnelles.
Quels préalables ? Il faut vérifier que le parcours scolaire de l'élève répond aux exigences du programme visé.
Quel niveau de compétitivité ? Si le programme reçoit beaucoup plus de demandes que de places disponibles, l'élève doit comprendre qu'il ne suffit pas nécessairement de respecter les conditions minimales. Il doit chercher à présenter un dossier compétitif.
« Quelle moyenne faut-il pour entrer au cégep ? » n'est pas toujours la bonne question
C'est probablement l'une des questions les plus fréquentes des parents.
Mais elle est souvent trop simpliste.
Il n'existe pas une moyenne universelle qui garantirait l'admission à tous les programmes et dans tous les cégeps.
Les critères peuvent varier selon le programme, l'établissement et le nombre de demandes.
Le SRACQ précise d'ailleurs que, pour les programmes contingentés, la sélection peut tenir compte de l'excellence du dossier scolaire et d'autres conditions particulières.
La meilleure question devient donc :
« Quel dossier dois-je viser pour être un candidat compétitif dans le programme que je souhaite ? »
Cette nuance peut changer complètement la manière dont un élève aborde son secondaire 4 et son secondaire 5.
Que devrait faire un élève de secondaire 4 dès maintenant ?
Voici une approche beaucoup plus raisonnable que de commencer immédiatement à remplir des demandes d'admission.
1. Identifier quelques domaines qui l'intéressent
Pas besoin de choisir une profession. Quelques pistes suffisent.
2. Regarder les programmes qui correspondent à ces intérêts
L'objectif est de découvrir les parcours possibles.
3. Vérifier les préalables
C'est l'une des étapes les plus importantes. Un programme peut demander des cours précis que l'élève doit avoir complétés avant son entrée au cégep.
4. Faire le point sur ses résultats
Pas seulement sa moyenne générale. Il faut regarder où il réussit et où il éprouve des difficultés. Un élève qui vise un parcours scientifique et qui accumule déjà des lacunes importantes en mathématiques devrait probablement s'en occuper avant le secondaire 5.
5. Améliorer ses méthodes de travail
C'est peut-être le point le plus sous-estimé. Un élève peut réussir son secondaire 4 avec une méthode de travail qui ne sera plus suffisante lorsque la quantité et la vitesse de la matière augmenteront au cégep.
Et si mon enfant a déjà des difficultés ?
C'est justement pourquoi le secondaire 4 peut être une bonne période pour intervenir.
Le but ne devrait pas être de simplement faire monter une note de 65 % à 75 % pendant quelques semaines.
Il faut chercher à comprendre pourquoi l'élève éprouve des difficultés.
- Est-ce une lacune dans les notions précédentes ?
- Une mauvaise méthode de travail ?
- Une difficulté à comprendre les consignes ?
- Une mauvaise gestion du temps ?
- Un manque de pratique ?
- Une compréhension qui semble bonne lorsqu'un adulte explique, mais qui disparaît lorsque l'élève doit travailler seul ?
Deux élèves qui obtiennent exactement 70 % peuvent donc avoir besoin d'un accompagnement complètement différent.
C'est aussi pourquoi le tutorat ne devrait pas simplement consister à « faire les devoirs ». L'objectif devrait être de permettre à l'élève de devenir progressivement plus autonome.
Que devrait faire un parent à la rentrée ?
La rentrée n'est probablement pas le moment de demander :
« Alors, tu veux faire quoi dans la vie ? »
Une meilleure conversation pourrait commencer par :
« Qu'est-ce qui t'intéresse en ce moment ? »
Puis : « Est-ce qu'il y a des programmes au cégep qui t'intéressent ? »
Et finalement : « Qu'est-ce qu'on pourrait faire cette année pour garder ces options ouvertes ? »
La différence peut sembler minime, mais elle change complètement la conversation. On ne demande plus à l'adolescent de choisir son avenir. On l'aide à préparer ses options.
Secondaire 3, 4 ou 5 : par où commencer ?
Secondaire 3
Objectif : explorer. Découvrir ses forces, ses intérêts et les différents parcours possibles.
Secondaire 4
Objectif : garder ses options ouvertes. Comprendre les préalables, surveiller ses résultats et corriger les lacunes importantes.
Secondaire 5
Objectif : préparer concrètement son admission. Choisir ses programmes, vérifier les conditions d'admission, comparer les options et préparer sa demande.
En résumé : faut-il penser au cégep dès le secondaire 4 ?
Oui, mais pas de la façon dont on pourrait le croire.
Il n'est pas nécessaire qu'un élève de secondaire 4 connaisse déjà son futur métier ou son cégep.
Il est toutefois pertinent qu'il commence à comprendre les conséquences de certains choix scolaires et qu'il identifie les programmes qui pourraient l'intéresser.
Le véritable objectif n'est pas de mettre davantage de pression sur les élèves. C'est plutôt d'éviter qu'un élève arrive en secondaire 5 et découvre, trop tard, qu'il lui manque un préalable, qu'une matière importante est devenue une faiblesse majeure ou que le programme qu'il souhaite intégrer est beaucoup plus compétitif qu'il ne le pensait.
La préparation à l'admission au cégep ne commence donc pas nécessairement au moment où l'on remplit une demande. Elle commence bien avant.
Une dernière réflexion pour les parents
Si votre enfant est actuellement en secondaire 4, vous n'avez probablement pas besoin de lui demander de choisir son avenir.
Vous pouvez toutefois l'aider à construire un parcours qui lui permettra d'avoir le plus de choix possible lorsqu'il sera temps de décider.
Et c'est probablement la meilleure façon de voir le secondaire 4 : pas comme une année à traverser avant le « vrai » secondaire 5, mais comme une année où l'on commence à construire les options de la suite.
Sources officielles à consulter
Pour vérifier les exigences propres à un programme, il est important de consulter les sources d'admission plutôt que de se fier à une moyenne générale trouvée sur les réseaux sociaux. Le SRAM dessert notamment 32 établissements publics d'enseignement collégial, tandis que le SRACQ publie les conditions et critères applicables à ses établissements membres.
